Edgar Morin, sociologue et philosophe

Edgar Morin, vient de fêter ses 100 ans, et il continue de nous interpeller sur la nécessaire métamorphose de nos postures individuelles et de nos priorités collectives. Nous reproduisons ici des extraits de la conférence “Service public et fraternité“ organisée par le  Collectif Appel à la Fraternité au Sénat le 30 novembre 2004.

« Je crois que le plus urgent aujourd’hui dans le triptyque liberté, égalité, c’est la fraternité. En incitant à reconnaître les différences d’idées, d’opinions, de comportements d’autrui, tout en reconnaissant que nous sommes sommes tous de la même espèce, la fraternité favorise la liberté. Mais, elle favorise aussi l’égalité, car elle nous oblige à lutter contre les inégalités, au moins les plus criantes.

Il nous faut donc examiner sous tous ses aspects, les façons de régénérer la fraternité, puisque nous en avons non seulement la nécessité, mais les virtualités. ( …)

Je crois qu’un mouvement en France qui montrerait, non par des promesses, mais par l’affirmation qu’il y a une voie pour en sortir, une voie solidaire, offrirait un espoir, un élan. Je crois aussi que cela nécessitera beaucoup d’efforts, de prise de conscience, car on recherche une réforme de vie, une réforme éthique. (…)

Je précise par ailleurs que les différentes fraternités ne doivent pas être considérées comme antagonistes. La fraternité que l’on a pour les nôtres, les proches ; la fraternité que l’on ressent en tant que membres de la même patrie ; la fraternité qu’il faudrait restituer entre Européens ; et la fraternité humaine, plus large… Toutes ces fraternités sont complémentaires et peuvent se féconder les unes les autres, à la condition que nous comprenions cette idée très simple, mais néanmoins difficile à admettre : le respect de l’unité dans la différence et de la différence dans l’unité.”

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